Communiqué / Alerte presse


Mars ne s'est pas asséchée d'un coup

le 8 avril 2021

Pendant que Perseverance fait ses premiers « pas » à la surface de la planète rouge, son prédécesseur, Curiosity, continue d'explorer le mont Sharp. Grâce à sa ChemCam, une équipe franco-américaine qui comprend notamment Gilles Dromart du LGL-TPE, vient de découvrir que Mars a connu des alternances de périodes sèches et d'autres plus humide il y a plus de 3 milliards d'années.

Mont Sharp
Mont Sharp - Mont Sharp

Vue des buttes martiennes en contreforts du mont Sharp
Sont indiqués les terrains qui seront prochainement explorés par le rover Curiosity, et les environnements anciens dans lesquels ils se sont formés, d'après les structures sédimentaires observées sur les images du télescope de ChemCam (mosaïques A et B).
Crédits : NASA / JPL-Caltech / MSSS / CNES / CNRS / LANL / IRAP / IAS / LPGN

 
Alors que le rover Perseverance vient de se poser sur Mars, son prédécesseur Curiosity continue son exploration à la base du mont Sharp, un relief de plusieurs kilomètres de hauteur au centre du cratère Gale. En utilisant le télescope de l'instument ChemCam pour observer en détail les roches escarpées du mont Sharp dans le lointain, une équipe franco-américain menée par William Rapin, chercheur CNRS à l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie, vient de découvrir que le climat de Mars enregistré à cet endroit a connu des alternances de périodes sèches et d'autres plus humides, avant de s'assécher complètement il y a environ 3 milliards d'années.

Jusqu'à présent, les sondes en orbite avaient donné des indices de la composition minérale des flancs du mont Sharp mais, depuis la surface, ChemCam a permis d'observer en détail l'organisation des couches sédimentaires, révélant les conditions dans lesquelles elles se sont formées. Et celles-ci changent radicalement sur l'épaisseur du relief exploré (quelques centaines de mètres) : au-dessus des argiles lacustres formant la base du mont Sharp, de larges et hautes structures entrecroisées sont le signe de la migration de dunes façonnées par le vent, lors d'un long épisode climatique sec. Plus haut, une fine architecture de couches alternativement friables et résistantes est typique de dépôts par une plaine d'inondation fluviale : c'est le retour de conditions plus humides. Le climat de Mars a donc vraisemblablement fluctué plusieurs fois à grande échelle entre des conditions sèches et des environnements de lacs et de fleuves, avant l'aridité générale que l'on connaît aujourd'hui. Au cours de sa mission étendue, Curiosity devrait gravir les contreforts du mont Sharp pour réaliser des forages dans ces différentes couches. Il pourra tester ce modèle, caractériser avec plus de détails les évolutions climatiques passées, et peut-être comprendre l'origine de ces fluctuations majeures.
 
Retrouvez le communiqué de presse complet sur le site du CNRS ici.

Référence bibliographique :
Alternating wet and dry depositional environments recorded in the stratigtaphy of Mt. Sharp at Gale Crater, Mars. William Rapin, Gilles Dromart, David Rubin, Laetitia Le Deit, Nicolas Mangold, Lauren A. Edgar, Olivier Gasnault, Kenneth Herkenhoff, Stéphane Le Mouélic, Ryan B. Anderson, Sylvestre Maurice, Valerie K. Fox, Bethany L. Ehlmann, James L. Dickson, Roger C. Wiens. Geology. 8 avril 2021. DOI : 10.1130/G48519.1
Publié le 11 mai 2021