Communiqué / Alerte presse


Une « boîte à outils » isotopique pour analyser les cycles de l’eau

le 8 octobre 2021

Un panel international de scientifiques, dont fait partie Christophe Lecuyer du LGL-TPE, a été réuni à Vienne par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour réaliser une analyse critique et une synthèse des connaissances acquises sur la géochimie des isotopes stables de l'hydrogène, du carbone et de l'oxygène. Leurs résultats viennent d'être publiés dans Nature Reviews Earth & Environment.


Sublimation des sommets neigeux de l’Everest.
Sublimation des sommets neigeux de l’Everest. - Sublimation des sommets neigeux de l’Everest.

Sublimation des sommets neigeux de l'Everest
(Crédit : Niklassletteland)

L’eau et le dioxyde de carbone sont deux molécules au cœur du processus de réchauffement climatique que nous vivons actuellement. L’analyse fine des rapports d’isotopes stables de ces deux molécules (et de leurs divers isotopes comme la masse 47 du CO2) présentes dans des gaz, liquides ou solides permet d’explorer les mécanismes physiques et chimiques qui opèrent au sein des cycles géochimiques de l’eau et du carbone inorganique. Les fractionnements isotopiques et leur thermo-dépendance sont largement utilisés par les chercheurs afin de documenter et modéliser le système climat-océans-glace de notre planète.

Ces fractionnements se produisant au cours de la sublimation (transformation directe d’un solide en gaz) et affectant la cryosphère sont fondamentaux pour cerner au mieux le cycle de l’eau sur Terre mais aussi sur Mars.

Un panel international de scientifiques a été réuni à Vienne par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avec pour mission de réaliser une analyse critique et une synthèse des connaissances acquises depuis les années fondatrices (moitié du XXème siècle) de la géochimie des isotopes stables. Le groupe d’experts – dont 3 chercheurs du CNRS ou associés au CNRS – ont participé aux recommandations dans le domaine des mesures, du calcul de leurs incertitudes et de leurs transcriptions dans les publications selon des règles internationales, établies en accord avec les nouveaux matériaux de références certifiés par l’AIEA. Les scientifiques soulignent également que les études expérimentales et calculs théoriques sont fondamentaux pour appréhender le comportement de l’isotope rare 17O dans les échanges isotopiques aussi bien pour le cycle de l’eau que le système CO2-carbonate-eau.

Retrouvez cette alerte presse sur le site de l'INSU ici.

Référence article :

A stable isotope toolbox for water and inorganic carbon cycle studies. Claude Hillaire-Marcel, Sang-Tae Kim, Amaëlle Landais, Prosenjit Ghosh, Sergey Assonov, Christophe Lécuyer, Marc Blanchard, Harro A. J. Meijer et Hans Christian Steen-Larsen. Nature Reviews Earth & Environment2021, 2, 699-719. https://doi.org/10.1038/s43017-021-00209-0
Publié le 9 octobre 2021