BlueMUSE : l'ESO et le CNRS signent un accord pour un nouvel instrument sur le VLT
le 2 février 2026
Ce vendredi 30 janvier, l'ESO et le CNRS ont signé l'accord pour la construction du Blue Multi Unit Spectroscopic Explorer (BlueMUSE), un nouvel instrument destiné au Very Large Telescope (VLT) de l'ESO. Le Centre de recherche astrophysique de Lyon est le laboratoire du CNRS qui dirige le consortium instrumental, composé de 9 instituts en Europe et en Australie.
Signature BlueMUSE L'équipe du projet BlueMUSE lors de la cérémonie de signature de l'accord
Au centre : Alexandre Jeanneau, Florence Laurent, Johan Richard et Rémi Giroud du CRAL
Crédit : ESO
Cette signature marque une première étape importante dans le développement de BlueMUSE, qui offrira aux astronomes des possibilités scientifiques nouvelles et uniques. Sa technologie avancée permettra d'effectuer des observations détaillées au sein de notre galaxie, facilitant l'étude de cibles aussi variées que les étoiles massives, les nébuleuses et les comètes. Elle révolutionnera également l'étude de l'Univers lointain en permettant la détection de la matière diffuse dans l'espace entre les galaxies et en nous aidant à comprendre comment la matière s'y déplace.
Plus tôt dans la journée, Xavier Barcons, directeur général de l'ESO, et Céline Reylé, directrice adjointe scientifique pour l'astronomie et l'astrophysique au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) français, ont signé l'accord BlueMUSE au siège de l'ESO à Garching, en Allemagne. Le CNRS, via le Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL – CNRS/ENS de Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1) est l'institution qui dirige le consortium instrumental, composé de plusieurs instituts européens et australiens. Étaient également présents l'attaché scientifique et universitaire français pour l'Allemagne du Sud, Emmanuel Delille, le responsable scientifique de BlueMUSE, Johan Richard, et le chef de projet, Rémi Giroud, tous deux du CRAL, ainsi que d'autres dignitaires de l'ESO et du consortium BlueMUSE, afin de commémorer la prochaine étape de la construction de l'instrument.
Basé sur la technologie éprouvée de l’instrument MUSE installé au VLT, BlueMUSE est un spectrographe à champ intégral. Il est conçu non seulement pour capturer une image 2D d’une cible (ou de plusieurs cibles), mais aussi pour décomposer la lumière en ses différentes couleurs ou longueurs d’onde à chaque pixel, produisant ainsi un jeu de données 3D complet contenant des informations détaillées sur l’objet observé.
MUSE étant devenu l’un des instruments de l’ESO les plus productifs et les plus demandés, la communauté astronomique espérait depuis un certain temps un instrument similaire — c’est désormais en train de devenir réalité.
Bien que similaire à MUSE à bien des égards, BlueMUSE observera dans des longueurs d'onde plus courtes et donc plus bleues, avec une résolution spectrale plus élevée (capacité à distinguer avec plus de précision les différentes longueurs d'onde). Cela signifie qu'il complétera parfaitement les grandes installations terrestres et spatiales, telles que le futur Extremely Large Telescope de l'ESO et le télescope spatial James Webb, qui sont optimisés pour l'observation dans l'infrarouge.
Prévu pour voir sa première lumière en 2034, BlueMUSE ouvrira de nouvelles perspectives scientifiques, au-delà de celles offertes par MUSE. Il permettra d'étudier un plus grand nombre d'étoiles massives dans la Voie lactée et son voisinage galactique, contribuant ainsi à répondre à des questions fondamentales sur l'évolution stellaire. Plus loin, il sera capable d'observer des galaxies faibles, ainsi que des galaxies à sursaut d'étoiles, afin d'étudier leur environnement extrême de formation stellaire. BlueMUSE sera également parfaitement adapté à l'étude de l'Univers lointain, en particulier pour détecter la matière très diffuse et insaisissable qui imprègne l'espace entre les galaxies, ainsi que pour étudier l'émergence des premiers amas de galaxies.