Publication scientifique


La fermeture de l'océan Néotéthys

le 9 avril 2021

Le LGL-TPE a participé à une étude qui s'intéresse à la fermeture de l'océan Néotéthys durant l'ère du Mésozoïque.

Le visage de la Terre est en permanence renouvelé par la tectonique des plaques. Imperceptibles à l’échelle de nos vies humaines, ces mouvements font et défont les continents et les océans sur plusieurs millions d’années. L’océan Néotéthys a disparu durant l’ère du Mésozoïque. Il est désormais complètement englouti dans le manteau terrestre, laissant peu d’indices pour reconstituer l’histoire de sa fermeture. On sait néanmoins qu’elle est la conséquence de l’évolution d’au moins deux zones de subduction majeures : une première au nord, initiée à la fin du Jurassique, et une seconde au sud, initiée à la fin du Crétacé inférieur.

Les scientifiques du Laboratoire de géologie de Lyon ont cherché à comprendre comment s’est initiée et développée cette seconde zone de subduction. Pour ce faire, ils ont analysé les derniers vestiges de la Néotéthys que sont les ophiolites, lambeaux de lithosphère océanique dispersés le long des zones de suture entre les continents. Leur travail suggère que c’est la formation d’un panache mantellique, remontée de roches chaudes dans le manteau terrestre, qui est à l’origine de cette subduction. L’utilisation de modèles numériques simulant la géodynamique terrestre a validé cette hypothèse, montrant qu’à intervalles de temps réguliers, de l’ordre de la centaine de millions d’années, les conditions sont réunies pour qu’un panache mantellique puisse initier une telle subduction.
crédits Michel Rodriguez
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Carte de la distribution des zones de sutures de la Néotéthys
© Michel Rodriguez
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Exemple de modèle numérique montrant les modalités de l’initiation d’une subduction au niveau d’un panache intra-océanique,
ainsi que sa propagation à l’échelle d’un océan entier
© Michel Rodriguez

D’abord concentrée autour de la tête du panache de la Réunion autour de 110 millions d’années, la subduction se serait ensuite disloquée en plusieurs branches évoluant de façon indépendante jusqu’à atteindre les marges septentrionales de l’Inde et l’Arabie. Ce scénario suggère que le panache a été une composante de la réorganisation des frontières de plaques contemporaines plutôt qu’une force motrice directe des mouvements des plaques tectoniques. Les ophiolites utilisées pour contraindre ce modèle sont cependant inégalement documentées : un important travail d’étude reste à accomplir pour approfondir pour confirmer le scénario suggéré par les modèles. 
© Michel Rodriguez
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Une reconstruction paléogéographique possible de l’évolution de la subduction sud téthysienne
suite à une initiation au niveau du proto panache de la Réunion
© Michel Rodriguez

 

En savoir plus


Long-term evolution of a plume-induced subduction in the Neotethys realm – Earth and Planetary Science Letters, Volume 561 (2021)
Mathieu Rodriguez, Maëlis Arnould, Nicolas Coltice et Mathieu Soret
https://doi.org/10.1016/j.epsl.2021.116798

Article disponible en intégralité sur le site de l'INSU.

 
Publié le 9 avril 2021 Mis à jour le 11 mai 2021