AtlantAves : Mission paléontologique à Sainte-Hélène
le 2 mars 2023
Du 12 août au 12 septembre 2022, l’équipe composée notamment d'Antoine Louchart et d'Anaïs Duhamel du LGL-TPE, est partie en mission de terrain sur l’île de Sainte Hélène, territoire Britannique de l’Atlantique Sud.
Nouveau site prospecté par l’équipe à « Lot’s Wife » et ses sédiments sableux (photo AL)
Nouveau site prospecté par l’équipe à « Lot’s Wife » et ses sédiments sableux
L’objectif était de reprendre des fouilles, les dernières remontant à une quinzaine d’années, afin de trouver de nombreux subfossiles d’oiseaux (âge Pléistocène terminal jusqu’à la période historique d’occupation humaine de l’île –depuis 1502 AD). Ces oiseaux, ainsi que d’autres éléments de contexte, témoignent de toute une avifaune et un écosystème insulaires aujourd’hui disparus, à cause de l’homme justement.
Là bas, ils ont prospecté tous les sites connus, ainsi que de nouveaux. La mission a été extrêmement fructueuse, avec environ 7000 éléments subfossiles d’oiseaux rapportés au labo, pour déterminations et diverses analyses. Essentiellement des ossements d’oiseaux, ce matériel comprend aussi des gastéropodes terrestres, et de plus rares trouvailles : 2 plumes, des œufs, du bois fossile, du charbon de bois…
Cet abondant matériel actuellement en étude comprend de quoi compléter le registre des espèces : endémiques éteintes, disparues régionalement, y compris potentiellement de nouvelles espèces ; au travers des différentes localités et âges.
Récolte d’une demi journée à Sugar Loaf 2, riche en os d’oiseaux (y compris crânes intacts) et aussi œufs (photo AL)
Julian Hume dessine une reconstitution d’un râle éteint endémique d’après les éléments fossiles connus (photo AL)
Ce projet (AtlantAves) se poursuivra au cours des prochaines années, et s’élargira avec des analyses concernant aussi les autres éléments de contexte (plantes, gastéropodes, pollen, sédiment) et par diverses méthodes (y compris ADN ancien, biogéochimie). L’objectif est, au delà de la reconstitution de l’écosystème natif perdu de l’île, de comprendre son évolution, et son altération à cause des changements climatiques (notamment la fin du Pléistocène), versus les impacts anthropiques depuis cinq siècles. Les résultats, dans une optique de paléobiologie de la conservation, seront précieux dans la valorisation du patrimoine Hélénien, et l’aide à l’élaboration de stratégies de conservation et de réintroductions.